La chambre des dédales-
Les femmes n’ont pas de sens de l’orientation, dit-on. Eh bien, je suis une
femme et j’ai un sens de l’orientation médiocre. J’ai une petite Coraline dans
ma tête qui change de monde quand bon lui semble. Un matin à gauche, un
autre à droite. Ce jeu de marelles a détruit la maison de ma grand-mère.
Cette petite demeure familière et affectueuse s’est écroulée lorsque j’ai aperçu
le futon à droite. Je cher- chais les ustensiles et ne les trouvais pas. Et je ne vous parle pas des nombreuses parties de cache-cache avec la toilette. Je ne reconnaissais plus les tapisseries. Avec cette collection, j’exprime l’inconfort de la désorientation dans un lieu familier. La frustration de l’oubli, l’étourdissement, la haine des miroirs. Tout a commencé avec la découverte des agnosies, une heureuse rencontre qui m’a permis de faire l’objet d’un autodiagnostique. Tendance très populaire chez ma génération. J'ai mangé les mots d’Oliver Sacks et de ses adeptes et j'ai vomis les réponses a mes questions existentielles.
Ainsi, se divisera en deux mon concept mélancoliquement égaré. J'aborderai ce trouble rare et furtif qui a mené au développement de l’étrangeté, de l'étourdissement et du déboussolement. Tous ressentis lors du spasme topographique.
La seconde moitié traite des effets secondaires provoqués par cette gangrène cérébrale ; l’inquiétude. Engendrée par la perte de contrôle de son environnement personnel, l’incertitude d’être désorienté brutalement ronge vos pensées vierges.
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