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Spleen-

Dans cette collection, j'essayerai de singulariser un vide plutôt distinct. J’essayerai de décrire le ventre et le cœur creux, la fatigue passagère et le désintérêt chronique. Bref, le spleen. Tous ces symptômes sont, dans le cas de cette expérience, associés à une même cause : la passivité envers le sexe. J’énonce que le manque d’intérêt envers ce sujet dont les gens de notre génération semblent passionnés diffuse un sentiment de défaillance. Ce besoin si crucial et vital pour tous provoque une mare dans laquelle les impartiales se noient. Leur déficit les pousse dans une chasse aux papillons pour combler ce manque de quelconque façon. Ainsi, j’exprimerai le manque d’intérêt envers la sexualité qui créait un vide et une quête incessante de sensations.

Hiver 2024

Design Textile

ESM UQAM

Ceci n’est pas une morale, mais plutôt une hypothèse. C’est une page de mon journal intime dont j’en relirai les lignes plus vieilles et soupirerai probablement. Une de mes amies m’a déjà dit : être honteuse de notre jeune nous est signe de développement positif. Ainsi, je vous lirai ce passage de ma bible et vous me direz si je dois regretter. J’ai une lassitude du sex. Il m’exaspère. Je n’en vois aucunement l’intérêt. Ou peut-être qu'il ne voit aucun intérêt en moi. Bref, on ne se tolère pas vraiment. Cette dispute a créé une brèche sous mes côtes. Je cherche en vain ce sentiment de post cabane à sucre et ne trouve que des miettes. Littéralement, je mange des miettes à longueur de journée. La cuisine est si loin, j’en ai calculé la trajectoire et 19 pas me séparent d’une toast au nutella sans compter les obstacles de vaisselle à surmonter. Mille et deux assiettes dessinent une tour sur le comptoir. La tour me hante et je l’attends avec impatience. Je me sens creuse, je suis une exploratrice à la recherche de sensations. Je laisse les bougies allumées la nuit, échappe des aiguilles par terre et marche le soir, dans la rue, avec mes écouteurs, une queue de cheval et mes porte-jarretelles. Je salive à l’idée de me couper les cheveux, de teindre mes sourcils et d'épiler ma moustache pour la simple excitation de mon reflet surprise. Je mets le reste des cheveux dans un sac ziploc pour faire durer l’enthousiasme. Telle une fée, j’en saupoudre sur mes œuvres pour me rappeler mon hystérie passagère. Je fais du mieux que je peux avec les outils du bord, comme dit en bon français. On m’a coupé les ailes, alors, je mangerai des monarques. Je mangerai des mouches parsemées de miettes pour me convaincre que je peux voler.​

30 rue Leriche

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